Titre : Ocha no ochiba

Auteur : Hitomi

Sujet : Ben, Dir en grey, pourquoi je changerais ?

Genre : "Pauvre Mamour"

Disclaimer : Y sont pas à moi, et je n'en tire aucun profit… (dit comme ça, c'est zarbi, ne ?)

Pairing : Ah non, je dirais rien ! Et mon suspense ?

Déclaration de l'auteur : Miracle de Noël ? Ou catastrophe de fin d'année ? A moins que ce soit la fièvre due à mon rhume ? On verra bien… En tout cas, je tiens à y associer Annick, ma chère co-gourou et fidèle secrétaire. Car sans elle, je n'aurais doute pas osé commettre ceci… (donc, on va se partager les tâches : envoyez-moi les compliments, et à elle les injures ^__~) *rattrape Annick qui essaie de filer en douce* Non, reste-là, j'y tiens !

Hitomi (17/12/2002 - 18H06 - 38°5)

 

 

Ocha no ochiba

Par Hitomi

Co-écriture du scénario : Annick

 

Partie I

 

Si longtemps…

Des heures…

Non !

Arrêtez !

Je ne veux pas !

Je ne veux pas !

***

Un marteau sur une enclume n'aurait pas pu produire plus de vacarme sous son crâne lorsque Kaoru émergea d'une lourde et douloureuse inconscience.

Bon sang ! Il ne se souvenait même pas avoir bu suffisamment pour mériter une telle gueule de bois !

Il renonça à ouvrir les yeux et demeura immobile, cherchant à se souvenir. Mais sa mémoire demeurait obstinément opaque sur la soirée de la veille. Il ne savait même pas où il se trouvait.

Dans un lit, en tout cas. Mais pas le sien. Il ne reconnaissait pas la sensation habituelle de son futon sous son dos. Le contact était là nettement plus… soyeux ?

Où est-ce que j'ai bien pu atterrir ? Oh, ma tête !

Il frissonna. C'était l'air frais du petit matin sur sa peau nue qui l'avait réveillé. Il distingua alors un point chaud contre son épaule gauche, perçut une respiration égale.

Où qu'il soit, il n'y était pas seul. Mais cela ne le surprit pas. Puisqu'il s'était apparemment enivré la veille, ça n'avait certainement pas été en solitaire.

Mais d'habitude, je me rappelle au moins avec qui…

Allons, un petit effort au moins pour savoir ça… Il parvint à soulever une paupière.

De longues mèches écarlates.

Die.

Il referma les yeux. Là non plus, rien d'anormal. Ce n'était pas la première fois qu'à la suite d'une beuverie, il partageait le même lit que le guitariste, et même plus, "en copains", s'ils étaient suffisamment lucides pour se souvenir comment procéder….

Mais ça aussi, en principe, je m'en rappelle…

Au moins son mal de tête n'empirait pas. Il étouffa un soupir et se serra un peu plus contre Die, en quête d'un peu de chaleur. Il chercherait plus tard à savoir où il avait passé la nuit.

Chez lui ? Non, je ne crois pas qu'il ait jamais eu ce genre de draps…

Il avait envie de s'étirer. Son bras gauche était coincé sous son camarade, mais il tendit l'autre avec délice…. et s'immobilisa avec un sursaut de stupéfaction.

Il avait touché un autre corps !

Cette fois, migraine ou pas, il devait absolument obtenir des éclaircissements !

Ivre au point d'en oublier la soirée, soit ! Ivre au point de ne plus se souvenir s'il avait ou non couché avec Die, soit aussi. Mais pas s'il y avait eu un troisième participant aux ébats !

Il ouvrit les yeux, malgré la douleur qui se répercuta sous sa boite crânienne, et tourna la tête.

Avant même qu'il ait pu reconnaître celui qui était allongé près de lui, il savait chez qui il se trouvait. Une seule personne dans son entourage pouvait oser posséder des draps de soie rouge !

Oh, Seigneur… Non…

Il se retint de gémir son désespoir, pour étouffer aussitôt un hoquet de surprise.

Nani ? Lui aussi ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

Une forme entortillée dans un drap cramoisi reposait à sa droite. Mais les cheveux qui émergeaient du cocon n'étaient pas noirs, comme il s'y attendait, mais blonds.

Ça dépassait son entendement ! Il dégagea avec précaution son bras gauche pour se redresser sans réveiller l'autre guitariste et passa une main sur son front douloureux, cherchant à remettre en place un puzzle dont il lui manquait la plupart des pièces.

Bon, ce dont il était sûr :

Un, il soufrait de la plus monumentale gueule de bois de sa vie.

Deux, il se réveillait nu dans le lit de Toshiya.

Trois, il avait apparemment eu des relations plus qu'amicales non seulement avec Die, mais aussi avec Kyo, qui dormait toujours aussi profondément que le guitariste.

Kamisama…

Quatre… Quatre, il n'avait pas la moindre idée de la façon dont il avait bien pu se retrouver chez le bassiste !

Et, d'ailleurs, où était Toshiya ? Avait-il aussi prit part à cette histoire de fous ?

Assis, maintenant, Kaoru regarda autour de lui. Les rideaux étaient tirés à demi, laissant passer la clarté du soleil matinal.

Et le guitariste souhaita qu'il fasse noir…

Oh non !

La silhouette mince du bassiste gisait au bout du lit, presque à en tomber. Etendu sur le dos, terriblement pâle, plus inconscient qu'endormi, les bras relevés au-dessus de sa tête.

Ce fut comme un flash fulgurant dans l'obscurité de la mémoire de Kaoru.

Non !

Non !

Arrêtez !

Vous êtes cinglés !

Je ne veux pas !

Un coin du voile se déchirait. Et ce qu'il entrevoyait était abominable.

Retenant son souffle, il rampa presque vers Toshiya. Ses yeux s'agrandirent d'horreur. Une ceinture – celle de Die – enserrait ses poignets marqués de larges meurtrissures. Et d'autres ecchymoses étaient visibles sur son corps, ses bras, ses cuisses…

Il s'était débattu…

Mais ils étaient trois contre lui…

Par tous les Dieux, non…

Le guitariste tendit la main vers le beau visage blême à demi dissimulé sous les cheveux noirs en désordre, mais n'alla pas au bout de son geste. Il ne pouvait pas le toucher. Il ne pourrait plus jamais le toucher…

Comment…? Comment on a pu faire ça ?

Le cœur au bord des lèvres, il battit en retraite vers l'autre bout du lit.

Totchi…

Il détourna les yeux, se refusant à y croire.

Ce n'est pas possible…

Pourquoi ne parvenait-il pas à se rappeler ?

Die, Kyo… et lui ? Ils avaient…? Il hurla NON ! de toutes les fibres de son être mais savait, au fond de lui, que c'était vrai.

Toshiya, je suis …

Désolé ? Les mots étaient si dérisoires.

Il frissonna encore, mais cette fois pas de froid.

Plusieurs minutes s'écoulèrent, le guitariste incapable de bouger, incapable de regarder à nouveau Toshiya, incapable de réagir.

Die grogna dans son sommeil, le faisant sursauter. Le roux se tourna sur le ventre. Il commençait à se réveiller.

Kaoru réagit alors et se pencha. Posant sa main sur l'épaule de son ami, il le secoua vigoureusement.

"Die ! Die ! Réveille-toi ! On est dans la merde !"

"Nani ?" La voix du guitariste était pâteuse, tout comme celle de son leader. Se redressant sur un coude, il leva sur lui un regard vague sous la crinière rouge qui lui retombait sur la figure et grimaça : "Ooooh, ma tête ! Quelle cuite !"

"Moins fort !" Kaoru resserra ses mains sur les épaules de son interlocuteur, et le fixa droit dans ses prunelles sombres encore embrumées de sommeil. "Die," souffla-t-il, "tu te souviens de ce qu'on a fait hier soir ?"

"Non," grogna l'autre au bout de quelques secondes. "Mais j'ai l'impression qu'on a pas dû s'embêter, tous les deux…"

"Si seulement on avait été que tous les deux…"

"Ne ?" Die ne comprenait pas. Le leader s'écarta alors, lui permettant de voir, et de comprendre à son tour. "K'so !"

"Je crois qu'on a fait une connerie…"

***

"On va tout de même pas le laisser comme ça…"

La voix de Kyo n'était qu'un murmure à peine discernable. Depuis que les deux autres l'avaient réveillé, le petit chanteur osait à peine parler. Et encore moins regarder quelqu'un en face. Tête basse, il s'affairait à remettre ses vêtements.

"Bien sûr que non." Kaoru s'habillait aussi, avec des gestes nerveux. "On va… je ne sais pas ce qu'on va faire mais on va bien trouver une solution…"

"Déjà…" Die se pencha, hésita longuement puis déboucla avec précaution sa ceinture enroulée autour des poignets de Toshiya. Sa façon de tenir la lanière de cuir, du bout des doigts, comme si son contact le révulsait, indiqua qu'il allait s'en débarrasser le plus vite possible.

"Doucement," souffla le leader. "Ne le réveille pas…."

Ils tremblèrent tous les trois à cette perspective. Aucun n'aurait pu affronter le bassiste, supporter son regard. Pas après…

Se mordant la lèvre, Die se redressa et recula d'un pas. Le blond s'approcha et tira le drap pour en recouvrir le corps meurtri de leur camarade.

"Je voudrais bien comprendre," émit-il en s'éloignant à son tour. "Pourquoi je ne me souviens de rien non plus ? C'est bizarre…"

"On y réfléchira plus tard." Kaoru sortit à pas pressés de la chambre, suivi des deux autres. "Pour l'instant, il faut savoir ce qu'on fait pour… pour Totchi. Si vous avez une idée…"

Les trois coupables s'entre-regardèrent brièvement. Kyo détourna la tête et Die contempla la moquette.

"Et si tu appelais Shinya ?"

Le leader regarda le second guitariste avec des yeux ronds :

"Shinya ?"

"Ano… c'est le seul qui… qui n'a pas…" Die devint aussi rouge que ses cheveux et bafouilla : "Enfin, je… je me suis dit que Totchi… aurait peut-être moins peur avec lui… et puis, ils ont l'air de bien s'entendre, alors…"

"Tu as raison !" Kaoru semblait soudain soulagé d'un poids immense. Il courut presque jusqu'au vestibule où était suspendue sa veste et tira son portable de sa poche. "Je l'appelle tout de suite." Tandis que le petit appareil composait le numéro du batteur, le leader enfila ses chaussures. Il retint sa respiration comme la sonnerie retentissait. Une fois. Deux fois. Trois fois. "K'so, Shinya, réponds !"

"Moshi moshi," fit enfin la voix du benjamin du groupe.

Kaoru laissa échapper un long soupir avant de parler :

"Shin-chan ! Ecoute et ne pose pas de questions ! Viens tout de suite chez Toshiya !"

"Demo… nani…?"

"Je t'ai dit de ne pas poser de questions ! Arrive en vitesse ! C'est... c'est très grave ! Tu as compris ?"

"Ano... hai…"

"Grouille-toi !" Il coupa la communication et remit le téléphone dans sa poche avant de décrocher sa veste. "Il va venir. Maintenant, je crois qu'il vaut mieux qu'on ne reste pas là…"

Les autres acquiescèrent en silence. Ils remirent leurs chaussures et sortirent de l'appartement sans avoir le courage de regarder derrière eux, sans même échanger un regard.

C'est lâche de fuir ainsi… mais on en est plus à une lâcheté près… Ah, je me dégoûte !

Kaoru secoua la tête, il avait soudain les yeux brûlants.

Dans le couloir, Kyo marmonna pour lui-même :

"Moi je voudrais bien comprendre… Si j'avais bu pour la première fois de ma vie, je crois que je m'en souviendrais…"

***

A suivre…

 

Et voilà ! *sors son bouclier anti-fan de Toshiya en furie* Je sais, c'est ignoble… Mais c'est pas ma fôte !!! J'ai juste eu une idée à peine tordue et… Comment, je suis pas crédible ? -__- Bon… Je vais essayer de pondre la suite dans un délai plus raisonnable… c'est à dire avant le Jour de l'An ^^;;;;;;; J'ai honte… Pauvre Mamour…

Hitomi (17/12/2002 - 20H49)

Partie II

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